Menu

Bâle 2014

28/09/2014 : Marathon de Bâle


Après 8 semaines de préparation coachées et un régime (-4kg) me voilà prête à affronter mon 2e marathon. Objectif : aller chatouiller les mythiques 4h soit un gain de 27'30'' par rapport à Paris. le défi est grand ! 42.2km à travers le centre ville de Bâle en 2 boucles de 21km et traversant 3 ponts différents (dont le Wettsteinbrücke en aller/retour) soit un équivalent de 8 ponts !
Au départ : 330 fous dont 42 femmes (13%) - 303 finishers (92%) dont 40 femmes
Record sur ce parcours : 2h27'... (pour info Berlin c'est 2h02'57")... et c'est la 5e édition. Deux hypothèses, pas un kenyan n'est encore venu ou le parcours est vraiment difficile.

http://connect.garmin.com/modern/#activity/601466740

Le réveil





Le réveil sonne. Comme avant chaque course, le rituel est le même : gatosport (j'ai testé coco-choco cette fois : c'est cro bon), douche, habillage, NOK puis chaussures desserrées.
Avec Agnès, nous nous engouffrons dans le tram direction la BarfüsserPlatz. Derniers préparatifs dans les locaux du StadtCasino (la grande classe quand même et en plus il fait chaud à l'intérieur) et nous nous dirigeons vers la ligne de départ.
Je repère mes 2 meneurs d'allure (pacemakers en anglais) aux ballons bleus qui vont devenir mes meilleurs amis pendant 4h !! (Je vais faire de grands progrès en allemand !)








Le paon de départ (hihi)

8h30 : c'est parti pour 42.195km
Je me cale derrière les meneurs mais j'ai l'impression qu'ils vont vite. Effectivement, au 2e km je jette un coup d'oeil à la montre et ... 5'20''/km de moyenne soit 21'' trop rapide. Au retour du Wettsteinbrücke, je décide donc de les laisser partir devant.
Engelgasse : 1er ravitaillement. Nous en sommes à 3.5km, je prends un gobelet et découvre qu'à l'intérieur ce n'est pas de l'eau mais de la boisson énergétique. En courant j'en mets la moitié à côté, ça colle c'est génial ! Au prochain ravito, je prends de l'eau et 2 gobelets !
Nous longeons ensuite la voie ferrée via un tunnel et sa sortie est bien montante car il faut passer au dessus des rails, allez on sert les dents ! Arrivés sur MünchensteinerStrasse on croise à l'aller les plus rapides. A voir leurs foulées, ça a l'air facile ... A notre retour, ce sont les 5h que l'on croise et le vélo balai (barrière horaire à 5h30). Oui, oui, en Suisse c'est un vélo balai !


MargarethenStrasse

Parmi les runneurs j'en aperçois un qui court à peu près à mon allure (celui avec le tee-shirt blanc). Après quelques mots échangés en anglais/allemand, on se rend compte qu'on est tous deux francophones ! Cool un copain français qui veut atteindre les 4h !
Au 7e km (Margarethenstrasse) premier spectateur : Fab qui a fait l'effort de ne pas sortir en robe de chambre. Je l'en remercie (même avec un "allez feignasse" au passage, il est trop gentil)
Puis arrive le zoo, en espérant que les animaux ne nous jettent pas des cahuettes ! La côte du ErdbeerGraben tant redoutée est finalement pas si difficile que ça même si de nouveau, ça monte. L'allure moyenne est toujours aussi bonne et les sensations sont parfaites.






9h53
Retour dans le centre ville par la Steinenvorstadt, et là, le drame, le trajet emprunte la route à gauche du MacDo sur la BarfüsserPlatz (les organisateurs se sont fait insulter dans toutes les langues à la découverte du parcours). Que cette côte est difficile et c'est déjà la 3e ! Mon accolyte francophone ne tiendra pas le rythme durant la montée et je l'abandonne à son triste sort. De surcroît, nous sommes rejoints par les coureurs du 10km mais ce ne sont vraiment pas les premiers et ils sont, il faut le dire, assez lents et donc gênent un peu. Mais l'ambiance est du coup beaucoup plus sympa du fait du nombre de runneurs, je trouve même quelques français avec qui j'échange quelques encouragements. Ils sont ébahis de la distance du marathon, on passe pour des super héros : j'adore !
10h07



On longe maintenant les berges, passons le 14e km direction le Sankt Johann Tunnel. A sa descente, je croise la première femme (elle fera 3h26'19''). Demi-tour au niveau du port et retour vers le centre ville. Cette partie du parcours n'est vraiment pas la plus jolie mais la route est large et le dénivelé est nul : ça fait du bien !
En contournant la Kaserne via klingentalgraben, voilà la 4e côte. Enfin... je crois car il y en a tellement que j'ai arrêté de compter. Le premier tour est quasi terminé et l'allure est toujours bonne. Je suis en 5'38" : tout va bien.




MarktPlatz - 11h58


Arrivée à la moitié les coureurs du semi et du 10 sont orientés vers la ligne d'arrivée alors que nous, marathoniens aux dossards noirs, on est parti pour le 2nd tour (cela dit, j'aurais bien arrêté là moi, je suis bien, la balade était sympa, il fait beau, bref). Les spectateurs applaudissent les premiers mais au passage d'un(e) marathonien(ne) ils scandent des messages d'encouragements et sont admiratifs surtout quand c'est une femme j'ai l'impression. Ca fait vraiment chaud au coeur. En passant la ligne le haut parleur annonce "...DE BISSCHOP LORENE..." OK, j'avoue, j'ai pas compris le reste de ce qu'il a dit mais c'est quand même la classe qu'ils annoncent les noms.
21.1km : 1h59'27" difficile de faire un chrono plus sérieux !






2e semi

12h08
22e km et retour sur le WettsteinBrücke, Agnès, Maëlys et Céline sont là ! Coucou tout le monde !!! Je redescends le pont, fais mon petit tour puis remonte dessus, je suis au 23e km. Petit coup d'oeil sur la montre et dernier km en 5'54". Le regard que je jette à Agnès va sûrement lui faire comprendre que pour les 4h ça va être difficile, très difficile. Elle me lance un "on se revoit au 34e". Moi qui hésitais à arrêter maintenant pour tout jouer à Toulouse dans 4 semaines, je suis contrainte d'aller les rejoindre au point de RDV. A partir de là, je vais devoir puiser. Impossible d'accélérer, plus rien dans les jambes, plus de jus mais aucune douleur. Le but : réussir à courir le plus possible de façon à arrêter au plus vite. Je prends un gel "coup de fouet" en espérant qu'il ait un effet magique.


12h30
Sur Engelgasse, je me permets même une 2e pause technique. En redémarrant, je constate que ni le gel ni la pause n'auront fait de miracle. Je n'ai plus rien et pourtant je ne peux pas abandonner, mon fils est venu me voir alors ce n'est pas envisageable. Quand on veut, on peut !
Aux alentours du zoo, je revois Fab et même Sarah, elle qui était si malade, elle est sortie exprès c'est trop gentil !!! Avec leurs trottis ils vont m'accompagner jusqu'en haut de ErdbeerGraben.
Au 34e, comme prévu, mon Loulou est là ! Je relève la tête comme si tout allait bien et annonce que je ferai 4h15/4h20. Il a le sourire. J'ai bien fait de ne pas abandonner. Miriame et lui se mettent même à courir à mes côtés durant la descente du parc puis m'abandonnent. Je sais qu'ils seront là à l'arrivée. Plus que 8, courage.
Il fait maintenant chaud, la température dépasse les 23°c.


Le mur

Arrivé au 36e km, il va se rajouter à l'épuisement. Les muscles tétanisent, maintenant, j'ai mal. On serre les dents il n'en reste "que" 6. Le dénivelé se fait sentir dans les cuisses. La dernière fois que j'ai eu mal aux quadris comme ça, c'était lors du trail des 2 lacs, c'est dire ! Je croise mon accolyte du début qui lui se dirige vers le port alors que moi j'en reviens. Il m'indique que son ventre est douloureux. Je prends conscience qu'on est vraiment des malades mentaux.
Avant-dernière montée (klingentalgraben), en doublant une femme je lui lance un "we can do it", dernier pont j'arrive sur la marktplatz, allez ... encore quelques centaines de mètres et j'arrête. Je suis en bas de la FreieStrasse (qu'il faut bien sûr remonter sinon c'est pas drôle) quand j'entends "allez Lorène!" Agnès et les enfants sont là pour les 400 derniers mètres alors comme si de rien n'était je desserre la machoire, tente un sourire et me paie même le luxe d'accélérer, Céline court avec moi (5'20"/km).
La ligne d'arrivée !!!! Fiou... c'était pas dur, c'était horrible. Le parcours de Paris pourtant réputé pas le plus roulant est vraiment plus facile que celui-là.

Bilan

Le gagnant passe en 2h30', le record de 2h27' tient donc toujours.
Je suis globalement déçue car j'ai suivi à la lettre la prépa sans écart. Tout ça pour faire -5'24" le rapport investissement / gain n'est vraiment pas rentable.
Si je veux rester positive :
- une prépa n'est jamais anodine et les efforts fournis paieront tôt ou tard
- 5'24" sur un parcours plus difficile bah c'est toujours ça de gagner
- je n'ai subi le 'mur' qu'au 36e (contrairement au 28e à Paris)
- je refais Paris en 2015 donc on pourra comparer avec les mêmes conditions

Merci à :
- tous les supporters bâlois pour leurs pompoms, leurs photos et leurs encouragements (surtout Fab ...)
- Agnès pour avoir assuré toute la logistique (baby-sitter, organisatrice de pasta-party, ravito bouteille et chauffeur)









Aucun commentaire:

Publier un commentaire