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Paris 2014

06/04/2014 : Marathon de Paris


Tout d'abord quelques infos pour les néophytes. Le marathon de Paris c'est, en 2014 :
- 50 000 inscrits (seulement 20% de femmes), 40 783 au départ, 39 115 à l'arrivée (96%)
- le premier arrive en 2h05'03" (20.22 km/h)
- la dernière en 7h32'57" (5.55 km/h)
  • Avant le départ

Ayant gagné le dossard il y a 3 semaines 1/2 (grâce à GU ENERGY), je n'ai pas eu le temps de faire une prépa complète. L'objectif est donc simple : être finisher. Me suis inscrite en 4h parce qu'il fallait bien mettre un chrono mais encore hier je ne savais pas à quelle allure partir. Difficile de se décider quand on ne s'est jamais frotté à la distance et au "mur" tant redouté des runners.


Après une nuit agitée, le réveil sonne à 6h00. Petit déj copieux (comme d'habitude) mais sans exagération. La douche permet de se réveiller une bonne fois. La tenue est prête depuis la veille alors ça va vite. J'attrape mon gatosport, ma boisson d'attente et zou je saute dans ma voiture direction la gare RER. Le thermomètre atteint déjà 14°c et il est à peine 7h. Sur le quai, je constate que je ne suis pas la seule à me confronter à LA distance reine, nous sommes déjà 4 ou 5.
A CDG-Etoile c'est 10 000 fois plus de personnes qui m'attendent. L'organisation est parfaite, le dépôt du sac est rapide et l'entrée dans le sas l'est tout autant. Le soleil est déjà là, je ne porterai donc pas mes manchons et regrette déjà d'avoir laissé les lunettes de soleil à Créteil.

Afin de ne pas reproduire l'erreur du semi il y a qq semaines, je décide d'aller aux WC dès maintenant. C'est dans la file d'attente que je vais entendre les départs des élites, des rouges (Londs), des jaunes (Guillaume), etc etc.


  • Départ
Il est 9h30, les premiers sont loin lorsque mon sas descend les Champs pour rejoindre la ligne de départ. A 9h39, c'est parti pour 42,195km dans Paris.
Les allures sont calmes, aucune bousculade ni bouchon quelconque. Dès les premiers hectomètres, le public est au rdv pour nous encourager, c'est agréable. Côté sensations, à 6'00/km je suis en sous régime mais la seule consigne que l'on m'ait donnée c'est "reste <160bpm si tu veux aller au bout" alors je m'y tiens mais les mollets et les genoux ne sont pas tops, espérons que ça ne dure pas 4h !
Le parcours est magnifique : la Concorde, l'avenue de Rivoli, le Louvre, Châtelet.
A Bastille passage du premier checkpoint (5km) : 0h30'07'' et là : LA difficulté du semi : la rue de Reuilly et ses 1.5km de côte. Un coup d'œil sur le cardio, tout va bien et les mollets et genoux vont beaucoup mieux (manque d'échauffement peut-être) alors on maintient l'allure. A 6'00'' elle passe bien mieux qu'à 5'30'' lors du semi. Pfff, trop facile la rue de Reuilly !! Mais lors de la montée, mon ventre me joue des tours, il va me falloir faire une pause (les 2 immodium de ce matin n'auront pas suffit) tant pis. Malgré les 1 à 2' de perdues, on repart. Descente vers la porte Dorée, je laisse aller en mode cool, ça me permet aussi de récupérer un peu de temps perdu lors de l'arrêt imprévu.
Le téléphone sonne, j'ai les écouteurs alors : allo ? Ma sœur qui appelle pour me tenir un peu compagnie et m'encourager. Sympa ! Passage au 10ekm en 1h01'29''. Encore quelques mètres et j'arrive sur l'esplanade du château de Vincennes (beaucoup moins impressionnante qu'il y a qq semaines au départ du semi). Avenue de la Pyramide, le cardio est toujours aussi bon mais le soleil commence à vraiment chauffer, on transpire pas mal et les gorges s'assèchent vite. Heureusement, les pompiers et employés de mairie nous arrosent à coup de tuyaux et lances à incendie. Ca fait un bien fou et les temps de passage sont parfaits sans avoir besoin de forcer (normal à 10km/h). Je rattrape tout le temps perdu lors de la pause ! Et si les 4h12' étaient possibles ?




Checkpoint du 15e : 1h30'38''. J'attaque maintenant l'avenue de Gravelle et fais la connaissance du flamand rose (il a couru le semi). Après quelques mots échangés, je l'abandonne à son sort avec son costume, le pauvre doit vraiment souffrir.
Le petit bouchon au ravito du 20e me fera perdre qq secondes mais rien de bien méchant encore une fois aujourd'hui, le chrono je m'en fous un peu.
Au checkpoint je suis à 1h59'59'', difficile de faire mieux question régularité puis l'arche du semi autrement dit ça y est, la moitié est faite maintenant on rentre à la maison !
A 2h30'08'', je passe le 25e km, une vraie montre suisse ! C'est là qu'une dame dans le public s'exclame : allez encore un peu et vous y êtes. "un peu" ??? c'est 17km quand même elle est mignonne !!!
  • Le mur

Tout va très bien se passer (les chronos sont quasi parfaits à 6'00''/km soit une arrivée en 4h12') jusqu'au 28e km. Et là, c'est le drame : les mollets se tétanisent complètement. L'impression de n'avoir plus d'essence. Dieu ce que c'est douloureux et il y a encore 14km à parcourir ! Comment vais-je pouvoir tenir ? D'autant plus que les sorties des tunnels (il y en a 3) que nous empruntons grimpent et c'est vraiment difficile (petit clin d'œil au DJ dans le premier tunnel avec son "Dancing queen" et ses éclairages on se serait cru en discothèque).
Je profite nettement moins du paysage car je suis clairement en train de subir le parcours.
Je vais vivre les km les plus difficiles de ma vie de runneuse. Le passage au 30e km à 3h03'30'' en est le reflet. Au 33e, le ventre qui me joue des tours une seconde fois et un nouvel arrêt s'impose. Je suis dans le bois de Boulogne (heureusement ils nous ont mis des WC un peu partout sur le trajet).
Les 9 derniers km se feront dans la douleur (encore pire que les 5 précédents) : les mollets qui n'en peuvent plus, la barre au ventre (trop d'eau ou trop fraîche peut-être), les adbos qui vont exploser et une furieuse envie de vomir bref : que du bonheur. Mais je me dois d'aller au bout coute que coute. Je serre les dents et vais finir au mental. J'essaie de maintenir une allure lente mais courue quand même car autour de moi ils sont TRES nombreux à marcher et je refuse de finir comme ça. On est des runners, pas des randonneurs !
Les abandons sont nombreux sur le bas côté. J'ai vraiment mal pour certains... ils tirent les muscles ou pleurent de douleur.

40e, j'en suis à 4h12'27'' je n'en peux plus ... mais quand la tête veut, le corps suit. Je saute le ravito et ne prends pas mon dernier gel, de toutes façons plus rien ne passerait vu l'état de mon ventre.
41.... Le speaker se fait entendre au loin. Je vous dirais bien que c'est à ce moment-là que j'ai tout donné mais ce n'est pas vrai, je n'avais déjà plus rien depuis un moment.
42 .... la ligne d'arrivée. JE L'AI FAIT !!!!!
Et comme tout néo-marathonien, je fonds en larmes. Pourquoi ?
- pour m'être dépassée
- pour avoir été au bout
- parce qu'enfin je vais arrêter d'avoir mal
Je ne sais pas trop en fait mais .... qu'est-ce que c'est bon !!! 4h27'30'' c'est loin des records mais franchement je m'en fous à compter de maintenant je suis MARATHONIENNE !

4h27'30'' ça nous donne :
25 537 / 40 783 participants
3 668 / 8 025 femmes
1 831 / 3 746 seniors femmes
Félicitations :
Londs : 3h07'30''
Guillaume : 3h17'20'' (RP)
Catherine : 3h56'38"
Jimmy : 3h58'46''
Cyrille : 4h17'46'' (son 1er)
Nicolas : 4h43'27''
Stéphane : 4h53'07 (son 1er)

  • Remerciements :
- tous les bénévoles sur le parcours, ils sont nombreux et sans eux, pas d'exploit
- tous les supporters qui attendent pendant des heures le passage de quelques personnes mais encouragent tout le monde
- JGab et Bruno pour leurs conseils avisés (t'as vu j'ai pas dépassé 160bpm !!! ou pas longtemps)
- toi, qui crois en moi plus que moi-même

BILAN : On a beau en entendre parlé, le mur est quelque chose qui se vit et qui est encore pire que ce que j'avais imaginé ! Avec un tel chrono, je vais revoir ma stratégie pour Bâle fin septembre pour boucler en 4h15. Mais avec une vraie prépa cette fois !

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